02 juin 2007
Dimanche, 1H30,
dans le Cyttébéh:
Sur la piste de danse,
blindée, débordante de danseurs et de danseuses de tout poil se trémoussant au
rythme d'un morceau funky, bouteille de 1664 dissimulée sous son blouson,
Julien mouve son body assidûment.
Tout à l'heure, dehors, il se
demandait, encore, comment entrer dans
la place, tout en discutant avec une nana et ses copines sur le thème
récurent de: "Paris la nuit, est-ce fini'? Qu'est devenu
le bon esprit d'antan? Plus rien n'est plus comme avant! T'as pas un joint a
rouler?"
Stimulé par cette féminine
demande, totalement de circonstance, il s'exécuta en entamant, puis, finissant,
deux autres grandes bières, aidé dans sa tâche par les nanas taxeuses de
joints.
Il venait de passer le
tarpé, de jeter sa troisième binouse, quand il aperçu une silhouette familière
sortir du Cyttébéh. Il héla, et son dealer, DJ Nyde, Denis, se retourna.
Coïncidence intéressante. Il
venait ici pour mixer. Il était le dernier dj programmé. Et la, il faisait
juste un aller retour vite-fait à son Express chercher une caisse de skeuds.
Profitant de l'occasion, en
bon opportuniste, Julien donna un coup de main à Denis et franchit, sans
encombre, sans un regard de la part des videurs, le perron du club et puis
voila.
Remerciements réciproques,
il posa les disques, le djealer disparut derrière sa cabine.
Bon, ils sont où, ces cons. Regardons au
bar, que dalle! Dans la salle, à une table? Non! Quoi?! Et sur la piste? Ils
danseraient?
Non, personne, non plus dans les
toilettes à rouler des beuzes! Chelou, y sont pas rentrés!
Y' a plus qu'a attendre et danser!
Et il est dans le délire, la
musique est bonne, les filles aussi.
Tiens, elles sont où les gonzesses de
l'entrée? Elles sont là-bas, dans un coin, assises. Merde, y a 2mecs avec
elles! Tant pis, je suis chaud ce soir, en plus je connais le dj, hein les
filles! Allez, j'y vais! Bon, comment y font Sam et Fred pour draguer?
Faudrait que j'ai le culot de Fred et le
talent de Sam! Et à moi, les petites parisiennes!
C'est décidé, je vais taper la discute
avec elles. Surtout ne pas dire de conneries. Enfin, si mais des drôles, pas a
mon insu. Des drôles exprès.
Allez. Julien. motive-toi!
Elles regardent vers moi, je sourie.
Elles sourient. Ok, go... Mais c'est qui ces mecs? Leurs keums? De toutes
façons elles sont trois, ils sont deux....
"Il assure le dj, non?
Vous trouvez pas, c'est dj Nyde, avec lui c'est ni une, ni deux "
Julien aime à espérer que le
blanc et les regards interloqués de son auditoire sont dus a une musique bruyante
qui aurait recouverte le sens comique de sa blague d'amorce...
Mais, non. Ils me prennent pour un bouffon. Faut que je récidive... Le culot de Sam, le talent de Fred.
Non, je m'embrouille. Le talent de Sam et
le culot de Fred.
Sauf que moi, c'est Julien....
17 juin 2007
et on rattrape le retard...
Dimanche,
1h45,
Boulevard
Brune,
Paris
XIVème:
Fred est heureux. Tout à l’heure, devant la Poste, il a rencontré d'autres galériens comme lui. Pas des violents, ni même des violentés.
Ils avaient une demi-bouteille d'eau remplie de whisky coca en leur possession.
Fred, les a accostés, et, a eu plus de chances qu'à sa dernière tentative de communication vers des jeunes.
Il les a apitoyés avec son histoire: la caisse confisquée, le rendez-vous foiré, l'errance éthylisée, la traversée verticale de Paris, le passage à tabac-dépouillage,...
Ils ont succombé à sa requête: lui lâcher le fond de leur bouteille cocktaillée, pile à sa taille, comme faite, specialy pour lui.
Ô dieu des buveurs, tu es mon seigneur!
Dimanche 2h00,
chez Kristina,
Paris XVIIème:
Chose
promise, chose due. Sam et Kristina se donnent à fond dans toutes les
positions, depuis près de deux heures maintenant. Un vrai marathon charnel,
marqué de courtes pauses, propices a l'inspiration. Et hop la, play it
again! Enjoy it!
Ils sont précisément, dans la salle de bain, dans la vapeur de l'eau chaude qui coule dans évier et baignoire, en train de mettre au point une brouette nippone mêlée à un soupçon de jardinier turc, lorsque des bruits de voix, bientôt recouverts par de la techno hardcore et des meubles qui semblent être déplacés, leur parviennent
Abandonnant leurs ébats équilibristes, se rhabillant a la gagedé avec
ce qu'ils (re)trouvent sur place, ils sortent de la salle de bain et tombent
nez à nez avec une Svetlana, à quatre pattes sur la moquette, en train de
parler à un bibelot posé sur une table basse.
Plus loin, toujours dans le couloir, c'est
quelqu'un que Sam ne connaît pas, qui fixe éperdument le
Dans la cuisine, ils surprennent une jolie
blonde, en pleine discussion philosophique sur"l'intuition animiste et
sexualisée du feu" avec le robinet de l'évier, et un mec tout percé et
tatoué.
Et dans le salon, un petit microcosme de la
scène raveuse parigote, composé de 3 ou 4 personnes, danse machinalement,
robotiquement dans cette pièce aménagée en dance-floor. Parmi eux, Steph et
Anhèle.
C'est tout juste, si Steph, les entrevoit,
puis finalement, les voyant statufiés, a demi-nus, il s'approche d'eux et les
informe que "la free a été annulée par ce con de Préfet. Il parait qu'ils
ont confisqués du matos, les poulets".
Il leur explique le pourquoi du comment de
cet arrivage d'une dizaine de fêtards dans l'appartement.:
"C'est Ange et Svet qu'ont proposé!
V'nez, on va continuer a l'appart...
Yéhhhh,… j'suis tout pouilledé, moi. J' ai
pris des champignons, plus un exta. J'suis en totale montée:
wouhouohuouhou!"
Il va pour repartir danser, quand il leur
précise:
"Si vous voulez des queutrus, va y
avoir moyen. D'autres teufeurs doivent passer. Et la, trips, speed, ecstazys ,
deprou... Y'aura de tout!
Y' même un dj qui va peut-être venir
mixer...
Cette nuit: c'est freeeeee!"
Les deux amoureux dérangés vont se réfugier dans la chambre, mais elle est bientôt envahie, à son tour, par des hallucinés errants, heureux de pouvoir squatter ce lieu.
Ils s'enferment dans une autre. Ouf, sauvés!
Steph, sollicité par quelqu'un qui n'arrivait pas a ouvrir "cette putain de porte réfractaire", vient, à coups de tournevis, de débloquer le verrou et ainsi présenter, à nos lovers dérangés, de nouveaux arrivants, encore plus perchés que du linge mouillé.
Leur mental est au niveau d'un sèche linge tournant a 90°. J'vous laisse imaginer la scène! L'étudiant attardé et sa conquête, la cinéphile danoise, ne savent plus ou quoi faire, ni même où se réfugier.
Même pas dans les toilettes, y trop de
passage!
Dimanche 2h15,
Une BX
Une rue en pente et vivante,
près de République,
Paris XIème:
" Hé bien, les gars, on peut dire que vous avez pété un câble. C'est vraiment n'importe quoi de se prendre la gueule avec les vigiles. C'est toujours ces bâtards qui ont le dernier mot. Ah, les bâtards!" déplore Julien en enlevant le frein à main.
" T'as raison, Djule" constate Paul, en refermant la portière. "Démarre, on s'taille!
-Et toi, kesta foutu?" se renseigne Tim à l'adresse d'un Julien, qui finit savoureusement un fond de 1664 tout en maintenant le volant à l’aide de ses genoux.
"T'es rentré dans le machin, ou quoi?
- Kestukrois?" répond Julien.
- Trop facile, en plus le dj c'était mon leur-di, alors, j'suis rentré sans blèmes..
- Kestufous alors dehors?,jette Paul.
" Ben, je me suis fait virer. J'ai trop pris la confiance, attrape Julien qui passe à Tim qui relance:
- Kessetafai s comme connerie?",'Tim repasse a Julien:
- Ben, j'ai scotché des minchs', et puis, j'ai accédé a leur demande jointophile... J'ai roulé un pet, et pas de chances, au moment où a meuf, qui l'avait allumé, le pétard, et moi aussi un peu, d'ailleurs... Super jolie, brunette,...
- Abrège!, le dribble Paul, et le voila qui se fait lui-même dribbler par Tim:
- Laisse-le finir." Et voici Tim qui réalise ainsi une superbe passe à Julien qui la réceptionne a merveille:
- Ben, juste quand elle me passe le pet de beuh, v'la un « oreillette-costaud-man » qui me tape sur l'épaule et qui me conduit jusqu'à la sortie, en me promenant gentiment, mais assurément, par le colback.
Il me propulse a l'extérieur et m'informe poliment, mais convainquement que "la présence de drogues est interdite dans l'établissement.", et qu'en plus d'avoir un odorat bien aiguisé ("elle sent fort ton herbe!"), il est physionomiste, qu'il n'avait jamais vu ma sale tronche auparavant mais que dorénavant, il s'en souviendra, qu'il....
- Bref, tu t'es fait tèj', comme nous, intercepte d'un coup Paul.
- On tous eu un rapport humain chaleureux avec des mecs sans cerveau, récupère, habilement, Tim par une litote de son cru (elle vaut ce qu'elle vaut).
- Saleté de société sécuritaire!, poursuit Julien qui effectue, ainsi une passe fulgurante et décisive à Paul qui, lui, est bien parti pour concrétiser, voila, voila, il va y aller, vas-y Paul:
-Sans-papiers, sans-soirées, SOLIDARITÉ!
- Non à l'oppression! Oui a la libre-circulation!, marque, brillamment et revendicalement, Paul, sous les applaudissements, provenant de la fin d'un morceau live a la radio, allumée par Julien.
Le jingle indiquant que c'est la nuit sur Radio Nova et le début d'un morceau acid houle escortent la BX qui dévale les rues parisiennes à faible allure.
Le conducteur se laisse guider par une circulation pourtant très réduite.
Il essaie de s'arrêter le moins possible aux feux, soit en accélérant pour forcer le passage à l'orange sanguine, « pile avant le rouge », soit, au contraire, en décélérant, laissant la voiture glisser au point mort jusqu'a ce que la lumière verdisse....
" Et maintenant? On va où, maintenant?" dit enfin Paul.
" J'en sais rien, tu nous emmerdes, rétorque Julien, et après un silence:
- On n'est pas bien... Paisibles… A la fraîche...
Décontractés du gl...
- Décontractés de rien de tout!, coupe Tim, depuis sa banquette arrière.
J'sais pas ce que vous avez les gars. Faut pas vous la jouer, là!
Oh! On n'est pas au ciné!
C'est pas la peine de reprendre les dialogues de la scène finale des Valseuses.
J'sais pas si, avec vos plans foireux, vous vous prenez pour Depardieu et Dewaere!?
Mais moi, c'est sûr, et il hausse la voix, comme pour crier:
J’SUIS PAS MIOU-MIOU !!
24 juin 2007
Dimanche,
2H30,
une gare de Bus,
Porte d'Orléans,
Paris XIV:
Assis,
sur un banc Decaux, l'esprit absorbé et inspiré par une affiche publicitaire
pour n'importe quoi, représentant un mannequin à moitié à poil, Fred finit la
bouteille de whisky-coca, celle qu’il a taxée au jeunes. Il fume également une
clope roulée qu'il lui ont gentiment dépanné.
Puutaiiin, elle est bonnneuh,
la meuuuf.
De ces seins....
De ces
jambes...
Et ce joli petit regard qui me fixe!
C'est beau, la vie.
Un verre, une femme...
Que
peut-il manquer à un homme?
Bon, pour les femmes ,tu
repasseras, mon pauvre vieux....
Joli bouteille, sacré
bouteille...
C'était quoi déjà la
chanson, je ne m'en souviens foutre pas....
Allez, une gorgée pour la
route.
A ta santé, ma belle...
Dimanche 2h25,
un appartement
transformé en
refuge de jeunes drogués branchés
en panne de rave,
Paris XVII:
Gérons la situation! Gérons
l'ingérable!
Vas-y, Sam, trouve une
parade! Réfléchis, analyse, agis. Merde, vieux!
Y sont tous fracassés, et
voila qu'il en arrive encore...
Heureusement, Kristina ne
devient pas hystérique. Ca la fait plutôtt rire, au moins, c'est cool, de ce côté.
Par contre, je n'aime pas ne
pas finir ce que j'ai commencé, et c'est mal barré pour la continuation de la
partie de jambes en l'air, dans la quiétude...
La musique est tellement
forte que je ne m'entends pas penser...
J'espère que les voisins ne
vont pas appeler les keufs.
Manquerait plus que ça...



