17 juin 2007

et on rattrape le retard...

Dimanche, 1h45,
Boulevard Brune,
Paris XIVème:

Fred est heureux. Tout à l’heure, devant la Poste, il a rencontré d'autres galériens comme lui. Pas des violents, ni même des violentés.

Ils avaient une demi-bouteille d'eau remplie de whisky coca en leur possession.

Fred, les a accostés, et, a eu plus de chances qu'à sa dernière tentative de communication vers des jeunes.

Il les a apitoyés avec son histoire: la caisse confisquée, le rendez-vous foiré, l'errance éthylisée, la traversée verticale de Paris, le passage à tabac-dépouillage,...

Ils ont succombé à sa requête: lui lâcher le fond de leur bouteille cocktaillée, pile à sa taille, comme faite, specialy pour lui.

Ô dieu des buveurs, tu es mon seigneur!

angetbuveur03

Dimanche 2h00,
chez Kristina,
Paris XVIIème:

Chose promise, chose due. Sam et Kristina se donnent à fond dans toutes les positions, depuis près de deux heures maintenant. Un vrai marathon charnel, marqué de courtes pauses, propices a l'inspiration. Et hop la, play it again! Enjoy it!

Ils sont précisément, dans la salle de bain, dans la vapeur de l'eau chaude qui coule dans évier et baignoire, en train de mettre au point une brouette nippone mêlée à un soupçon de jardinier turc, lorsque des bruits de voix, bientôt recouverts par de la techno hardcore et des meubles qui semblent être déplacés, leur parviennent

Abandonnant leurs ébats équilibristes, se rhabillant a la gagedé avec ce qu'ils (re)trouvent sur place, ils sortent de la salle de bain et tombent nez à nez avec une Svetlana, à quatre pattes sur la moquette, en train de parler à un bibelot posé sur une table basse.

Plus loin, toujours dans le couloir, c'est quelqu'un que Sam ne connaît pas, qui fixe éperdument le  plafond.

Dans la cuisine, ils surprennent une jolie blonde, en pleine discussion philosophique sur"l'intuition animiste et sexualisée du feu" avec le robinet de l'évier, et un mec tout percé et tatoué.

Et dans le salon, un petit microcosme de la scène raveuse parigote, composé de 3 ou 4 personnes, danse machinalement, robotiquement dans cette pièce aménagée en dance-floor. Parmi eux, Steph et Anhèle.

C'est tout juste, si Steph, les entrevoit, puis finalement, les voyant statufiés, a demi-nus, il s'approche d'eux et les informe que "la free a été annulée par ce con de Préfet. Il parait qu'ils ont confisqués du matos, les poulets".

Il leur explique le pourquoi du comment de cet arrivage d'une dizaine de fêtards dans l'appartement.:

"C'est Ange et Svet qu'ont proposé! V'nez, on va continuer a l'appart...

Yéhhhh,… j'suis tout pouilledé, moi. J' ai pris des champignons, plus un exta. J'suis en totale montée: wouhouohuouhou!"

Il va pour repartir danser, quand il leur précise:

"Si vous voulez des queutrus, va y avoir moyen. D'autres teufeurs doivent passer. Et la, trips, speed, ecstazys , deprou... Y'aura de tout!

Y' même un dj qui va peut-être venir mixer...

Cette nuit: c'est freeeeee!"

Les deux amoureux dérangés vont se réfugier dans la chambre, mais elle est bientôt envahie, à son tour, par des hallucinés errants, heureux de pouvoir squatter ce lieu.

Ils s'enferment dans une autre. Ouf, sauvés!

Steph, sollicité par quelqu'un qui n'arrivait pas a ouvrir "cette putain de porte réfractaire", vient, à coups de tournevis, de débloquer le verrou et ainsi présenter, à nos lovers dérangés, de nouveaux arrivants, encore plus perchés que du linge mouillé.

Leur mental est au niveau d'un sèche linge tournant a 90°. J'vous laisse imaginer la scène! L'étudiant attardé et sa conquête, la cinéphile danoise, ne savent plus ou quoi faire, ni même où se réfugier.

Même pas dans les toilettes, y trop de passage!

lsd_trip

    Dimanche 2h15,
Une BX
Une rue en pente et vivante,
près de République,
Paris XIème:

" Hé bien, les gars, on peut dire que vous avez pété un câble. C'est vraiment n'importe quoi de se prendre la gueule avec les vigiles. C'est toujours ces bâtards qui ont le dernier mot. Ah, les bâtards!" déplore Julien en enlevant le frein à main.

" T'as raison, Djule" constate Paul, en refermant la portière. "Démarre, on s'taille!

-Et toi, kesta foutu?" se renseigne Tim à l'adresse d'un Julien, qui finit savoureusement un fond de 1664 tout en maintenant le volant à l’aide de ses genoux.

"T'es rentré dans le machin, ou quoi?

- Kestukrois?" répond Julien.

- Trop facile, en plus le dj c'était mon leur-di, alors, j'suis rentré sans blèmes..

- Kestufous alors dehors?,jette Paul.

" Ben, je me suis fait virer. J'ai trop pris la confiance, attrape Julien qui passe à Tim qui relance:

- Kessetafai s comme connerie?",'Tim repasse a Julien:

- Ben, j'ai scotché des minchs', et puis, j'ai accédé a leur demande jointophile... J'ai roulé un pet, et pas de chances, au moment où a meuf, qui l'avait allumé, le pétard, et moi aussi un peu, d'ailleurs... Super jolie, brunette,...

- Abrège!, le dribble Paul, et le voila qui se fait lui-même dribbler par Tim:

- Laisse-le finir." Et voici Tim qui réalise ainsi une superbe passe à Julien qui la réceptionne a merveille:

- Ben, juste quand elle me passe le pet de beuh, v'la un « oreillette-costaud-man » qui me tape sur l'épaule et qui me conduit jusqu'à la sortie, en me promenant gentiment, mais assurément, par le colback.

Il me propulse a l'extérieur et m'informe poliment, mais convainquement que "la présence de drogues est interdite dans l'établissement.", et qu'en plus d'avoir un odorat bien aiguisé ("elle sent fort ton herbe!"), il est physionomiste, qu'il n'avait jamais vu ma sale tronche auparavant mais que dorénavant, il s'en souviendra, qu'il....

- Bref, tu t'es fait tèj', comme nous, intercepte d'un coup Paul.

- On tous eu un rapport humain chaleureux avec des mecs sans cerveau, récupère, habilement, Tim par une litote de son cru (elle vaut ce qu'elle vaut).

- Saleté de société sécuritaire!, poursuit Julien qui effectue, ainsi une passe fulgurante et décisive à Paul qui, lui, est bien parti pour concrétiser, voila, voila, il va y aller, vas-y Paul:

-Sans-papiers, sans-soirées, SOLIDARITÉ!

- Non à l'oppression! Oui a la libre-circulation!, marque, brillamment et revendicalement, Paul, sous les applaudissements, provenant de la fin d'un morceau live a la radio, allumée par Julien.

Le jingle indiquant que c'est la nuit sur Radio Nova et le début d'un morceau acid houle escortent la BX qui dévale les rues parisiennes à faible allure.

Le conducteur se laisse guider par une circulation pourtant très réduite.

Il essaie de s'arrêter le moins possible aux feux, soit en accélérant pour forcer le passage à l'orange sanguine, « pile avant le rouge », soit, au contraire, en décélérant, laissant la voiture glisser au point mort jusqu'a ce que la lumière verdisse....

" Et maintenant? On va où, maintenant?" dit enfin Paul.

" J'en sais rien, tu nous emmerdes, rétorque Julien, et après un silence:

- On n'est pas bien... Paisibles… A la fraîche...

Décontractés du gl...

- Décontractés de rien de tout!, coupe Tim, depuis sa banquette arrière.

J'sais pas ce que vous avez les gars. Faut pas vous la jouer, là!

Oh! On n'est pas au ciné! C'est pas la peine de reprendre les dialogues de la scène finale des Valseuses.

J'sais pas si, avec vos plans foireux, vous vous prenez pour Depardieu et Dewaere!?

Mais moi, c'est sûr, et il hausse la voix, comme pour crier:

J’SUIS PAS MIOU-MIOU !!

miou_miou_les_valseuses

Posté par KprodUkt à 00:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur et on rattrape le retard...

Nouveau commentaire